Quand l’agriculture sauve la ville

Si à l’origine l’agriculture était liée à la ville (les champs s’étendant au delà des murailles), le lien entre les mondes urbain et agricole se sont peu à peu distendus. L’avènement des mégapoles, la globalisation de l’économie et le développement des transports ont en effet permis (provoqué ?) une mondialisation de l’agriculture.
Mais le local revient en force : crise du modèle économique actuel et nécessité d’un mode de vie durable rendent de plus en plus séduisants les circuits courts. Plus encore, l’agriculture urbaine devient dans certains cas une composante forte de la ville. Quelques exemples.

Détroit : l’agriculture pour une sortie de crise ?

La ville de Détroit, aux Etats-Unis, a demandé sa mise en faillite le 18 juillet dernier. La ville était industrielle, et son économie fortement dépendante de l’automobile, il est donc facile de faire un lien entre la crise des constructeurs de voiture et la décadence de Détroit.
Pourtant une autre raison est évoquée : l’étalement urbain. La fuite des habitants dans le périurbain a fait baisser les ressources fiscales de la ville, en même temps qu’elle forçait la construction d’infrastructures lourdes (voir une analyse en détail dans cet article). Ce serait donc l’envie de « campagne », en lien avec le manque de logements, qui aurait causé la perte de la ville.

Mais c’est une composante même de la campagne – l’agriculture – qui pourrait faire renaitre une nouvelle Détroit. L’explosion du nombre de terrains disponibles et la nécessité pour les habitants encore présents de s’alimenter, ont en effet conduit au développement fort des jardins urbains. Et les habitants s’organisent, comme dans le cas du Detroit Black Community Food Security Network qui acquière des terrains, défend la question agricole auprès des autorités et permet des achats groupés. Pour satisfaire leurs besoins premiers, les citoyens de Détroit ont donc fait revenir l’agriculture au cœur de leur cité.

Pour en savoir plus, voir cet article détaillé avec une approche historique sur le site de l’Interurbain.

Moscou : l’agriculture revendicative

Même quand elle n’est pas rendue nécessaire par un contexte difficile, l’agriculture urbaine peut être synonyme de citoyenneté et de militantisme. C’est le cas de la Green Guerilla, mouvement qui vise à la réappropriation des espaces et au développement de la nature en ville.

A Moscou, par exemple, les « jardiniers militants » sont très actifs : plantations dans les terrains vagues ou sites pollués, installation artistique, etc. Leurs revendications : le retour de la nature en ville, l’appropriation des espaces communautaires par la population, avec une forte dimension sociale.

Pour en savoir plus, voir cet article sur le cas de Moscou sur le site du Courrier de Russie.

Rennes : vers l’autosuffisance alimentaire ?

Peut-on pousser le développement de l’agriculture dans et autour de la ville jusqu’à atteindre l’autosuffisance alimentaire ? C’est ce qu’ont voulu étudier les chercheurs de l’Université de Rennes. Les étudiants ont planché sur le cas de Rennes Métropole : un travail sérieux qui creuse tous les aspects de la question, selon deux scénarios, et permet de combattre les a priori.

Ainsi il suffirait de cultiver toutes les terres dans une couronne de 20 à 30km autour de la ville centre pour approvisionner Rennes Métropole. Il serait préférable pour plus d’efficacité d’adapter les modes de vie, en consommant moins de produits issus de l’élevage par exemple. Ce scénario d’autonomie permettrait même de créer des emplois.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter ce diaporama de présentation ainsi que ce mémoire d’étudiants.

La relation entre agriculture et ville est donc en devenir. tendance ville assure une veille sur ce sujet via le Scoop.it Villes et Espaces Ouverts.

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